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MARCO DIANI

Zel·ig (zelig) noun1. a person, typically an ordinary, unimportant person, who seems to turn up with surprising or unaccountable frequency in a variety of settings

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Généalogie de la terreur

ou les conduites rationnelles de l'extrême

TERRORISME - Apparus en masse au Liban au début des années 80, les attentats-suicides se sont multipliés jusqu'à devenir le principal phénomène de déstabilisation politique et de violence de masse dans le monde entier. L'objectif principal des ces actes est de terroriser les opinions publiques des populations, gouvernements et nations "ciblés"pour amener leurs dirigeants à réviser en profondeur leurs politiques nationales et internationales.

Depuis plus de trente ans, chaque année semble marquer un nouveau record d'un phénomène qui apparait pour l'instant à la fois largement incontrôlable et incompréhensible dans sa dynamique. Les gouvernements semblent en effet incapables d'en prendre la juste mesure ni de proposer décisions et dispositions adéquates pour le contrer efficacement, comme le souligne encore un rapport remarqué du Sénat sur la question *.

Soulignons un paradoxe dramatique: les attentats-suicides relèvent d'un nouveau champ d'investigation, portant sur des conduites rationnelles, même si, les politiques et les gouvernements continuent encore de les définir comme insolites, incompréhensibles, souvent qualifiées de "barbares"ou de "perverses".

Or, il faudrait justement prendre le contrepied de cette manière de voir, afin de mettre l'accent sur les logiques des conduites "extrêmes"pour en proposer une analyse pertinente et basée sur des outils interprétatifs -y compris technologiques- nouveaux.

La stratégie des autorités est inadéquate

La principale nouveauté est que ces acteurs de la terreur (de AL-QAÏDA, par AQMI et jusqu'à DAECH) et ces nouvelles cohortes "insurrectionnelles"ont adopté une vision du "sabotage"et de la destruction des structures de l'Etat qui a fait son aggiornamento à la fois théorique et technologique.

Ils ont bien étudié les nouvelles formes de la révolte sociale, de l'Intifada au hacking technologique et ont parfaitement compris les avantages d'une communication efficace, appuyée par une structure légère, quasi invisible et en "réseau", comme celle inventée par Al-Qaïda dans les années '90, et depuis adoptée par l'ensemble des acteurs de la terreur et ses ramifications. Car, même s'il n'y a pas de connexion directe et évidente, il existe toutefois des filiations, des imitations, des modus operandi semblables et aussi des inspirations et coopérations informelles, mais néanmoins mutuelles, entre tous ces mouvements au niveau mondial.

Il y a aussi et surtout le recours massif et très efficace à la notion de "contamination par l'exemple", qui se multiplie à l'infini grâce à Internet et à l'expansion infinie et incontrôlable des réseaux de communications planétaires.

Il apparaît donc que la stratégie et les moyens attribués par les autorités publiques à la lutte contre cette nouvelle terreur se révèlent inadéquats, tant pour ce qui est des pistes d'investigation qu'au niveau de la communication politique des mesures de prévention et ensuite des résultats des enquêtes.

Une autre vérité paradoxale: la police, la justice et les "services" utilisent en effet des argumentaires d'un "autre âge", qui n'ont plus rien à voir avec la stratégie politique et les formes organisationnelles des nouveaux groupes insurrectionnels. Ce faisant, les autorités se ridiculisent et se décrédibilisent face à l'opinion publique: il devient alors facile de les accuser de vouloir construire par tous les moyens "l'ennemi intérieur". Un seul exemple suffit: on ne trouve presque plus de caches d'armes ni d'explosifs, mais de plus en plus de livres ou des ordinateurs; plus de tracts sanguinaires, mais des traités très savants expliquant les modalités des nouvelles formes d'engagement et de mobilisation.

C'est ainsi que les gouvernements se trouvent devant la difficulté suivante: comment justifier l'empilement "désordonné"de lois antiterroristes, qui souvent n'ont plus rien à voir avec l'Etat de droit, comme on leur en fait souvent le reproche dans l'opinion publique? L'ensemble des forces et moyens antiterroristes est aujourd'hui énorme, avec un outillage technique extrêmement élaboré, mais se révèle pourtant souvent inefficace dans la plupart des cas.

Nous sommes donc confrontés à une nouvelle forme hyper-conflictuelle face à laquelle les pouvoirs publics sont largement peu préparés, trop occupés qu'ils sont à se focaliser sur les "banlieues", les lieux de cultes, les casseurs ou les divers sous-groupes stigmatisés. On assiste à l'émergence d'une nouvelle forme extrême de conflictualité qui fait la jonction entre les rejetons des quartiers et les "enragés" des "religions" ou des mouvements sociaux. C'est dans ce dangereux creuset, d'ambiguïté politique, d'analyses insuffisantes et de bourdes administratives récurrentes, que prend racine ce "terrorisme invisible" qui n'est le fruit ni du hasard, ni d'une contagion spontanée de hordes de "loups solitaires".

Dans les de 1600 pages du manuel du parfait djihadiste intitulé "Appel à la résistance islamique mondiale", Abou Moussab al-Souri théorise les nouveaux modes d'intervention des terroristes: moins d'attaques d'institutions mais davantage de petits commandos très efficaces et très organisés visant à déstabiliser les sociétés contemporaines et leurs structures économiques et idéologiques.

Ainsi, les pouvoirs publics semblent désemparés et manifestent une préoccupante absence de compréhension de la complexité sociologique du problème. En France, on ignore encore les principales méthodes d'analyse de ces questions, qui ont permis de circonscrire une grande partie des actes et conflits urbains violents en Europe ou ailleurs. Des stratégies ont été efficaces en Italie comme en Allemagne, aux Pays-Bas comme en Espagne, sous des gouvernements de droite comme de gauche.

En bref, elles reposent sur trois types d'actions:

  • l'emploi d'outils de simulation et de prévention des conflits et comportements violents;
  • une intervention rapide, ciblée et efficace, pour "infiltrer" et isoler les groupes organisés et leurs "meneurs";
  • une action claire, combinant répression et dissuasion, visant à démanteler les groupes organisés ou quasi-paramilitaires.

La gravité croissante de la situation devrait appeler à des actions et des investigations à la fois internationales et pluridisciplinaires pour montrer que les sciences sociales, en particulier la sociologie, la psychologie sociale, l'analyse du discours et la modélisation et même la "simulation" des comportements peuvent contribuer grandement à faire comprendre la logique de ces nouvelles conduites rationnelles de l'extrême.

Contrairement à une idée reçue, il n'y a pas de relation directe et unilatérale entre religion et les attentats-suicides, même si une partie importante des actes de terreur sont le fait de "believers". Ainsi, par exemple, les "suicide-bombers" du Sri Lanka n'étaient pas religieux, pas plus que les kamikazes japonais de la Seconde guerre mondiale, ou les membres des Brigate Rosse ou de la Rote Armee Fraktion.

Ils n'étaient pas caractérisés par le "religieux" mais plutôt par la loyauté au groupe, le ressentiment et l'endoctrinement (qu'il soit nationaliste, sectaire ou idéologique). De même, il n'y a pas de relation directe et univoque entre la pauvreté, l'absence d'éducation, et les attentats-suicides. En effet, les membres des Brigate Rosse ou de la Rote Armee Fraktion, ou encore du Hamas et du Hezbollah sont moins pauvres et mieux éduqués que la moyenne, et c'est encore plus vrai des "suicide-bombers".

C'est ainsi que dans le contexte actuel, on connaît une offre quasi-illimitée de candidats au martyr, comme l'explique de manière très directe Ayman al-Zawahiri, le leader d'Al-Qaïda.

Il serait temps d'étudier sérieusement et avec, enfin, des moyens appropriés, les conduites rationnelles de la terreur.

________________

* Rapport (n° 388) de Jean-Pierre Sueur et alii de la Commission d'enquête sur l'organisation et les de la lutte contre les réseaux djihadistes en France et en Europe, avril 2015.

 

 

 

La Marine en Berlusconia

 

  

Il y a 20 ans un phénomène politique nouveau est apparu en Italie: Silvio Berlusconi et le « berlusconisme ».

 

En l'espace de quelques années, il a balayé les anciens partis, reformé un système politique moribond et inventé des nouvelles règles de la communication.

 

Mais, et en France en particulier, il est de bon ton d'ignorer et même de mépriser ce que j'ai appelé déjà en 1994 la « BERLUSCONIA », cet univers politique qui s'est répandu ensuite dans une bonne partie des démocraties occidentales.

 

Marine Le Pen est aujourd'hui le dernier avatar de la Berlusconia.

Sa popularité, exceptionnelle dans le contexte politique français, s'explique par son incroyable talent à manier populisme, réalisme et démagogie, et par l'absence de projet crédible tant à droite qu'à gauche.

 

Mais les partis « traditionnels » et les institutions politiques ne semblent pas prendre la pleine mesure de ce phénomène, destiné à modifier en profondeur les réglés du jeu en France, en particulier pour les élections présidentielles de 2012.

Les candidats du FN ont remporté des résultats électoraux parfois impressionnants et toujours surprenants.

Pour ne prendre que deux exemples, il suffit de penser à la première place à Marseille et aux scores impressionnants dans les régions ouvrières du Nord-Pas de Calais.

Or, à gauche comme à droite les analystes, les politiques ou même chez les patrons, on sent une perplexité assez générale devant le phénomène Marine en Berlusconia.

Perplexité qui devient incompréhension et aveuglement lorsqu'on on assiste aux débats ridicules et risibles sur le front républicain, auxquels personne ne croit. Et certainement pas les électeurs de tous bords.

Les surprises ne font que commencer, pour les grands partis « institutionnels ».

Pour comprendre quelque chose au phénomène Marine Le Pen il faut prendre en considération la profonde crise du système politique français qui semble désormais arrivé en bout de course de sa fonctionnalité politique, 50 ans après sa fondation par le Général.

Même si personne ne veut l'admettre,  le système politique et le système des partis français s'effondre: l'UMP se désintègre, le Parti communiste disparaît définitivement de la scène, le Parti socialiste fait hara-kiri avec ses primaires, alors qu'apparaissent des organisations inconnues jusque-là, et que les électeurs boudent et les partis et les élections.

La France a désormais le niveau d'abstentionnisme le plus élevé des démocraties occidentales.

Dans cette situation qui déboussole tout le monde, Marine Le Pen réussit à combiner hostilité à la politique, populisme, doublé d'une incroyable gouaille populaire et une formidable capacité à incarner-- tort ou raison-- la nouveauté.

Elle a acquis un capital politique et « affectif » énorme, une grande partie des électeurs s'étant reconnus en elle, et elle a donné, symétriquement, un incroyable coup de vieux à la politique des grands partis, qui ont vieilli comme jamais en l'espace de quelques mois.

Pendant des années le phénomène FN a été largement sous-estimé, considéré comme un épiphénomène tout en étant, paradoxalement, qualifié de démoniaque et de danger pour la démocratie.

Sans trop se soucier qu'en l'espace de 20 ans, le FN est passé de moins de 1% à plus de 20%, dans les intentions de vote, sans moyens et sans pouvoir et prébendes à distribuer.

Or, si le système politique français ne se modernise pas les surprises vont continuer de plus belle.

Et pour mieux comprendre ce qui pourrait arriver, il faut se tourner vers cette planète politique qu'est la BERLUSCONIA.

Les partis traditionnels italien ont pendant longtemps cru que le Cavalière était un phénomène passager qui allait rapidement disparaître et quitter la scène politique. Or, non seulement, à chaque fois Berlusconi a rebondi, mais il a inventé un vrai système politique hybride et postmoderne, le berlusconisme, qui va bien au-delà de sa personne, et qui a conquis une force de modèle et une véritable hégémonie culturelle.

Marine Le Pen, même si elle affiche parfois une détestation pour la personne de Berlusconi, en est paradoxalement la meilleure élève et interprète actuelle en Europe.

Elle utilise avec bonheur un mélange des valeurs contradictoires, combinant le libéralisme et la protection, l'exaltation de l'individualisme et la compassion pour les plus démunis, les valeurs chrétiennes et des moeurs privées peu respectueuses de la religion, un discours critique sur l'Europe et la défense des intérêts nationaux, une bienveillance pour les gens peu et des propos populistes sur la diversité, et manie comme personne le discours de la modernité et celui de la tradition.

Ce patchwork--qui n'est nullement incohérent--fonctionne aussi grâce au vide culturel de la droite et aux divisions politiques de la gauche. A cela il faut y ajouter la capacité du FN à s'appuyer sur des blocs sociaux regroupant les petits patrons de PME, les petits commerçants, les artisans, les professions libérales, les catholiques pratiquants et une population au faible niveau d'instruction, peu politisée et apeurée devant la mondialisation, l'Europe et l'immigration.

La politique traditionnelle, de gauche comme de droite, se réclame d'un réformisme qu'elle n'arrive plus à mettre en narration et surtout à le rendre intelligible au peuple.

 La politique traditionnelle ne raconte rien aux électeurs, alors que Marine et le FN tiennent un discours qui paraît à la fois raisonnable, volontariste et protecteur, même si cela relève plus de la proclamation que des faits.

 

Evidemment, on serait tenté de faire un parallèle avec le Nicolas Sarkozy de 2007...

 

Les deux animaux politiques peuvent être rapprochés: volonté de se mettre en avant, en particulier en utilisant les médias, de jouer de sa personne, rapport direct au peuple, capacité à unifier les droites pour conquérir le pouvoir.

 

Comme Sarkozy et Berlusconi, et même mieux que le PS et l'UMP, Marine Le Pen a compris l'importance fondamentale qu'il y a à gagner la bataille des valeurs.

 

En 2007, Sarkozy voulait redonner le goût de la politique et réhabiliter la capacité des politiciens à faire bouger les choses: il n'y est pas vraiment arrivé, malgré quelques tentatives courageuses.

 

Marine Le Pen, en digne héritière de son père, s'est construite entièrement sur l'image de l'anti-politique. Et apparemment « ça » paye et « ça » fonctionne laissant tous les autres faire du « surplace ».

 

D'ici 2012, les partis traditionnels vont s'efforcer de faire comprendre que la situation française n'est pas bonne, qu'il faut réagir et se retrousser les manches. Le discours fait pschitt...

 

En revanche, Marine propose un message volontairement moins clair mais de ce fait plus efficace: d'un côté, elle entretient l'illusion que la France hors de l'Europe serait vivable, de l'autre, elle fait allusions à la gravité et à la dureté du temps présent, pour mobiliser « le peuple » contre les menaces de l'« extérieur ».

 

Et pourquoi alors « ça » marche pour elle ?

 

Parce que les partis traditionnels et les gouvernants ne se préoccupent guère de déployer une pédagogie à la mesure des menaces qui pèsent sur le pays, alors que les élites économiques et le grand patronat réclament d'importantes réformes.

 

Et aussi, infine, car elle incarne l'ambition de répondre au divorce entre les citoyens et la politique, et aussi à la crise des partis traditionnels, en partant du postulat que tout ne se résumait plus au clivage gauche-droite.

 

La Marine en Berlusconia est la seule à avoir compris qu'il fallait élargir la base sociologique de son parti, donc elle va créer un nouveau FN, nourri des succès enregistrés lors des dernières élections.

 

Son irruption a ouvert une profonde crise stratégique dans le système politique français, liée à l'incapacité des partis du système à déterminer l'attitude à avoir: opposition frontale ? Nouveau « compromis » qui élargirait le périmètre démocratique ?

 

Désormais ces trois tendances de fond travaillent en profondeur la démocratie française, d'ici 2012.

 

Que faire en effet de:

 

l  La démocratie du public et de l'opinion.

l  Comment redonner sens à la démocratie libérale et représentative.

l  Enfin, comment rendre à nouveau les citoyens moins sensibles et captifs au discours simpliste et anti-politique proposé par Marine Le Pen.

 

Aucune des solutions actuelles ne fonctionne: à moins de réagir vite, la Marine va vraiment prendre le pouvoir.

 

 

 

 

Marco DIANI

CNRS

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

s

M. DIANI è sociologo e politologo al CNRS (Centre national de la recherche scientifique). Ha occupato per molti anni la cattedra di Mellon Professor of Social Sciences and International and European Studies a Chicago e poi anche Senior Fellow in varie università in Scozia. Autore di numerosi libri e pubblicazioni, è regolarmente Senior Fellow o Visiting Professor presso università in Europa, in Israele o negli Stati Uniti.  Si occupa principalmente, anche come consulmente, di diversità e multiculturalismo, di conflitti e movimenti urbani, e di communicazione  et strategie politiche.


Perchè scrivo in altre lingue.

 Qual è la mia madrelingua?

Oramai, dopo tanti anni lontano da Roma, dopo aver vissuto e insegnato in tanti paesi diversi, non so quasi più rispondere. E’ la lingua della casa, delle mie prime parole e della scuola, la lingua che ho imparato a leggere e scrivere ? O l’altra lingua, quella delle strade dove vivo, e dei commercianti dove faccio le spese, dei miei studenti ? 

O ancora la lingua in cui scrivo con un altro nome ?


REPERES

 

M. Diani est chercheur au CNRS, où il est membre d'une importante unité multidisciplinaire rattachée à l'Universités de Paris X et Paris VIII, à l’ENS et au CNRS. Il a été pendant plus de dix ans (1984-1996), Mellon Professor of Social Sciences and International and European Studies à la Northwestern University, à Chicago.

 

Et Visiting Professor dans nombreuses universités en Europe, en Israël et aux Etats Unis.

 

Il est le fondateur et Directeur scientifique de la Summer School EXTRAPOLIS.

 

Grandes capacités d’animation d’équipe ainsi que de créativité, de rigueur, d’organisation.

 

Il est depuis 2007, "conseiller permanent pour la stratégie, la prospective et les études sociologiques" d’une grande organisation nationale des professions de la justice.

 

Il collabore aussi avec les autorités politique chargée de la reforme des organismes de recherche

 

OTHER POSITIONS (non exhaustive)


1996-2001 Visiting Professor of Sociology in the Department of Sociology, University of Edinburgh.
1984-1991 Senior Fellow & Member of Istituto di Psicologia, CNR, Rome.

 

INVITATIONS + VISITING (non exhaustive)

2005-2006 Visiting lecturer at the University of Rome
2005 Visiting lecturer at the University of Lisboa
1991 Visiting Fellow Research Program on Democratization at the University of California
1989-1990 CNR-NATO Fellow in the Department of Politics, University of Strathclyde, Glasgow.
[….]
1986 Fellow in the Summer School on "Sociological Classics and Contemporary Political Problems", European University Institute, Florence (June and July).

 

PROJETS ET SUJETS DE RECHERCHE (non exhaustive)

 

Between local and global: movement networks and transformations in governance processes

The Analysis in Social Movements Research.

 

RESEARCH TOPICS AND SCIENTIFIC ARGUMENTS

2007

“Conflict, Citizenship and Civil Society“

"Networks, Collective Action, and Social Movements"
2005

“Cooperation Across Ideological Divides in the Middle East”

"Nature, Science, and Social Movements"

[….]

"The changing nature of political society"

2003

"Globalization, conflicts, social movements"
2002

"Social movements and network analysis"
2001

“New Types of Revolt and Mobilization”
2000

"Understanding the Social World",
1999 “The future of social movement research”