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Depuis
quelques années, la France--comme les autres démocraties
occidentales--découvrent le long chemin qui lui reste à parcourir pour
entrer dans la modernité politique, pour dépasser un système
représentatif archaïque, doublé d’un personnel politique qui parfois ne
l’est pas moins.
Nombre
d’événements récents agissent aussi comme des« concentrateurs »
des tensions nationales : dans notre interventions nous allons
argumenter que les crises majeures de ces dernières années ne sont pas
seulement que des événements « négatifs », mais le signe que les
barrières et les résistances au changement commencent à s’effriter de
partout, même si encore lentement et confusément.
Dans
notre intervenions, nous soulignerons aussi le paradoxe suivant, à
savoir que les crispations et tensions actuelles ne sont pas uniquement
des mouvements de résistance intellectuelle ou politiques, ou des
actions « contre », de pure protestation ou refus de l’autorité,
mais sont surtout les soubresauts des vieilles structures, idéologiques
et historiques, qui ont longtemps empêché le pays de moderniser ses
structures de représentation politique et de gestion du changement
social.
Ces
formes de résistance et ces crises montrent une vérité incontournable,
et indiquent autant de chantiers pour moderniser une société qui souffre
encore d'un sérieux déficit de communication politique, y compris de la
part des gouvernants qui ont systématiquement sous-estimé l’
"incommunication" croissante entre pays légal et
pays réel.
[1]
C'est
ainsi, par exemple, que l’on retrouve encore, dans les media et dans les
discours politiques, une opposition exacerbée entre, d’un côté les
élites des beaux centres urbains, des couches diplômées et aisées, de
l’autre les banlieues, ces périphéries où se concentrent les pauvres,
les jeunes, en un mot tous les EXCLUS DE LA REPUBLIQUE.
En
réalité, la maladie structurelle de la démocratie française, -- ce « mal
français » pour reprendre le titre du grand livre d’Alain Peyrefitte
[2]--
encore soulignée par les diatribes récentes sur l’identité et la
sécurité nationales-- est la raréfaction de ce que je définis comme des
espaces symboliques d’identité et de dialogue, qui seuls pourront
permettre le renouvellement des acteurs politiques, d’élargir et
renforcer le pouvoir de l’opinion publique, et d'augmenter la
circulation et l'efficacité des discours de toutes les composantes de la
société française.
En, un
mot, l'équation est relativement simple: pas de sortie de la crise
structurelle de la démocratie en France sans la création d’un plus grand
nombre d’acteurs plus ou mieux représentatifs de la France
d’aujourd’hui. Au moins sur ce point toute la classe politique, de
gauche comme de droite, se retrouve d’accord.
Au
XXIème siècle, se limiter à solliciter les électeurs par le suffrage
universel pour aussitôt les oublier pendant 5 ans n’est vraiment plus
suffisant: absentéisme électoral record, conflits fondés sur des
rapports de force non négociables--regardez les réactions à la reformes
des
retraites de l‘automne 2010--, communautarisme croissant, révoltes et
violences de toute nature en sont la preuve.
La
notion d'espace public
[3]
est devenue aussi commune
et banale dans son utilisation que celle d'opinion publique qui lui est
intrinsèquement liée, mais il serait d'autant plus nécessaire de
l'interroger et d'en préciser le sens à la lumière de la question de ce
texte : Habermas y a consacré un travail approfondi, en dégageant un
modèle d'espace public idéal pouvant être l’espace de publicité des
idées et savoirs, le lieu de délibération par excellence et le lieu d'un
consensus à rechercher entre TOUS les citoyens.
Malgré tous les efforts, des groupes sociaux vastes et importants
restent encore écartés de la délibération publique: et donc ils agissent
et prennent la parole uniquement ou surtout lors d’agitations et divers
mouvements dans des lieux et des cadres tels que les quartiers, les
communautés, les comités, les coordinations ou conseils qu'ils inventent
et font vivre.
Ceci
se passe en dehors de l'espace public qu’ils critiquent comme étant
limité et bourgeois, qui a certes la prétention de représenter
toute la société, mais qui a aussi visiblement des limites sérieuses :
c’est le développement de la société des « tribus », comme l’a définie
de manière géniale le grand sociologue Michel Maffesoli.
Habermas
reconnaît en effet avoir exclusivement prêté attention au modèle libéral
de la sphère publique bourgeoise. En ignorant la sphère publique
plébéienne. De cette lacune a provoqué dans la pensée contemporaine, une
conception abusivement consensualiste de l'espace public. Le travail
critique d'Oskar Negt, un des représentants du « courant chaud de la
Théorie critique », remédie à ce manque en réintroduisant au centre
de l’analyse la dimension des conflits.
Des
nouveaux espaces publics alternatifs se créent qui « ne concernent
pas seulement l'expérience des travailleurs, mais désignent tous les
potentiels humains rebelles, à la recherche d'un mode d'expression
propre ».[5]
Il ouvre en effet un champ de bataille
politique entre deux économies et entre deux espaces publics. Ainsi
repensé, au regard la division sociale, l'espace public donne lieu à un
questionnement nouveau : qu'est-ce que les travailleurs peuvent-ils en
faire ? Et quels intérêts les classes dominantes poursuivent-elles à
travers la sphère publique bourgeoise ?
Trois mouvements scandent l'analyse
d'Oskar Negt. D'abord, la mise en lumière de la dégénérescence de la
sphère publique bourgeoise qui, sous l'influence des médias, constitue
un théâtre d'illusion, créateur d'une réalité seconde et conduit, de par
cette inversion, à un dépérissement de l'expérience.
Puis, l'affirmation de la pleine altérité
de l'espace public " prolétarien ", qui renvoie à une expérience
non-identique, au sein du capitalisme tardif, et fonctionne comme un
concept symbolique : loin d'être associé à la seule classe ouvrière, il
concerne tous les groupes sociaux, en proie au système de domination qui
contrôle le déploiement de l'existence dans l'espace et le temps.
Enfin, l'élaboration d'une nouvelle
catégorie, l'espace public oppositionnel qui désigne la rencontre de
toutes " les subjectivités rebelles ", en situation de résister à
l'intégration à une totalité non vraie, pour reprendre
l’expression d’Adorno.
On
assiste ainsi au débordement permanent de l'espace public bourgeois,
par des instances nouvelles de médiation entre les êtres humains dont
les vies sont gâchées, amoindries, brisées et où ils peuvent exprimer
leurs subjectivités qui sont d'ordinaire refoulées, humiliées,
dévalorisées par une société qu’ils considèrent, à tort ou à raison,
comme mobilisant à son profit exclusif une multitude de rouages dont la
visibilité n'est pas toujours évidente.
C’est,
en résumé la logique de la « France d’en bas » qui se résume dans le
slogan ou l’image « On nous cache tout, on ne nous dit rien », d’où
aussi la croissance exponentielle dans toutes les démocraties
« médiatiques » de l’importance politique des « scandales », fuites et
autres « révélations ».
Les
EXCLUS DE LA REPUBLIQUE,
sont donc--bien évidemment--les minorités
visibles et discriminées à titre divers, mais aussi les millions de
travailleurs pauvres et les chômeurs, ainsi que les femmes, les jeunes,
les sans-abri et tout groupe social ne supportant plus telle injustice
ou violence à son égard générée par l’action combinée du mur
invisible de la discrimination et du mur visible
de l’exclusion sociale.
Ceci est rendu plus dramatique car les forces traditionnelles de la
modernité politique (partis, syndicats, associations) ont tout perdu
de leur influence et ne sont plus le sujet historique libérant
l'humanité de ses chaînes à la suite d'une prise de conscience ou
d’une mobilisation de classe, selon le modèle dominant dans toute la
modernité des XI et XXème siècles.
Cette
vision, désormais obsolète et réductrice, n’est plus d’actualité pour
développer des capacités actuelles et concevoir des stratégies futures :
en effet, elle semble dévaloriser et ne pas pouvoir intégrer a priori
toutes les autres formes de révoltes et contestations individuelles ou
collectives comme étant secondaires, invisible ou irrationnelles.
Sous
couvert d'investir les travailleurs d'une mission historique grandiose,
on s'enlise dans une démagogie ouvriériste qui semblait être destinée
aux oubliettes de l‘histoire, on remet en selle le prolétariat et on ne
porte qu'une attention superficielle à l'expérience diversifiée des
mouvements alternatifs et émergeants qui mobilisent et luttent contre
les discriminations. Et qui indiquent, même si confusément, les réponses
aux questions :
Quels partenariats ?
Quels objectifs ?
Une autre impasse consiste à noyer tous les acteurs des mouvements
alternatifs dans un grand tout indifférencié, les citoyens ou la société
civile, avec toutes les notions abstraites et mystifiantes qui vont
avec, la République, la Démocratie, la Communauté internationale ou
l'Etat social: c’est l’avènement de la multitude.
« La
démocratie à l'échelle globale est en train de devenir, pour la première
fois, une possibilité réelle, que nous appelons le projet de la
multitude. Le projet de la multitude n'exprime pas seulement le désir
d'un monde d'égalité et de liberté, il ne revendique pas seulement une
société démocratique globale, ouverte et inclusive: il se donne les
moyens de réaliser ce désir. »
[7]
Il semblerait autrement utile que, entre autres expériences
contemporaines, nous devrions approfondir l’analyse contemporaine du
temps de travail et du très restreint temps de non-travail s'inscrit
dans sa conviction que le « travail vivant » est au cœur de la question
de la compréhension du capitalisme et de son dépassement. « […] il
faut remplacer l'économie politique du travail mort, c'est-à-dire du
capital et de la propriété, par une économie politique du travail
vivant, partout où la nécessité de l'émancipation humaine est en jeu, et
ce afin d'approcher d'une forme d'organisation raisonnable du bien
commun ».
La
finalité du travail vivant doit à nouveau être liée à un bien commun,
comme nous le rappelle encore récemment Alain Touraine, le
théoricien des mouvements sociaux, qui donne sa réponse de sociologue à
la question "comment sortir de la crise"
dans un livre où il diagnostique la mort de l'action sociale, et explore
les deux possibilités qui s'offrent à nous pour sortir de l'impasse.
D’une part, comment la crise économique que nous traversons agit-elle
sur les tendances à long terme qui transforment nos sociétés? D’autre
part, comment entrevoir ce qui nous attend lorsque nous en sortirons ?
Notre société, est à l'heure de
l'économie globale et de l'individualisme triomphant, et a rompu avec le
vieux modèle d'intégration qui avait été le sien depuis la révolution
industrielle.
Nous avons fini de croire être les
acteurs d'un système économique autour duquel s'organiserait toute la
vie sociale, mais principalement comme des sujets dotés de droits et
créateurs de leur propre vie dans un univers à dominante culturelle.
C'est ainsi que l'"acteur" agit de
plus en plus indépendamment du " système ".
La crise, en séparant encore
davantage l'économie de la société, sous l'effet de l'autonomie
croissante des logiques spéculatives et financières, est susceptible
d'influer de deux façons sur cette tendance à long terme. Frappés par le
choc économique et social, les acteurs peuvent, en effet, tout aussi
bien subir une exclusion sociale croissante que voir s'accélérer la
mutation culturelle inscrite dans le long terme. Bref, les années qui
viennent hésiteront entre la catastrophe et la refondation.
L'espace
public devient alors, selon l’expression d’Oskar Negt, un lieu
oppositionnel,
dans un combat où dans « une telle économie, comment serait-elle
possible, sinon en faisant appel à la participation politique d'êtres
autonomes et capables d'agir par eux-mêmes? ».[9]
Voilà
aussi pourquoi le manque ou la perte d'emploi constitue désormais une
perte totale de réalité, avec ses effets anxiogènes et une violence
intériorisée finissant éventuellement par s'exprimer contre soi, dans la
famille, le cadre scolaire ou n'importe où contre un bouc émissaire. « La
peur de cette perte de réalité implique à son tour une disposition plus
grande à l'adaptation, voir à la suradaptation conformiste. »
Lier la
nouvelle dialectique des espaces publics à la lutte contre les
exclusions
Si on reprend—et même seulement en partie-- la version
« oppositionnelle » proposée par Negt, la vitalité de pratiques
démocratiques dignes de ce nom et la perspective d'une société
harmonieuse sans guerre et sans violence est ainsi fortement connecté au
poids et à la richesse humaine au sein du travail salarié qui permet des
formes de respect de soi et de reconnaissance sociale qui sont balayés
par le basculement dans le chômage et la discrimination.
Cet
ensemble de questionnements nous ramène ainsi à la tension
permanente qui se produit entre un espace public profondément
transformé ces dernières décennies à travers l’influence croissante des
mass-média, et un opinion publique qui selon les moments se rétracte,
frôle l'inexistence ou se déploie en entraînant de nombreux groupes
sociaux, y compris dans la violence.
Les intérêts de toutes les catégories discriminées et opprimées ne
peuvent se déployer et déboucher sur une autre société qu'en
s'organisant dans un espace qui leur est propre et qui déborde
nécessairement les organisations ayant pignon sur rue. Dans ce
processus de constitution, ses acteurs sont amenés bien sûr à utiliser
les ressources de l'espace public traditionnel qui sont à leur
portée et éventuellement à subvertir certaines de ses formes.
Mais les obstacles doivent être bien saisis. La majorité des mass-média
livrent une réalité seconde, opèrent un tri et une déformation des
informations, ou fournissent des fictions calibrées, des objets
de désir pour alimenter les affects des citoyens-spectateurs.
Tout
cela a un impact prégnant dans le cadre d'un mode de vie qui ne laisse à
personne le temps de la critique et de la réflexion: le virtuel tend à
se substituer aux expériences vécues par les sujets sociaux.
De leur côté les organisations politiques, syndicales et associatives ne
cristallisent qu'une petite partie des expériences vécues. Elles
constituent pour nombre d'entre elles un obstacle à la compréhension de
la réalité et à la mobilisation de la mémoire des expériences passées.
Les effets de la concurrence entre les organisations restreignent encore
plus le champ de compréhension et de possibles interventions et prises
de parole par des travailleurs, des femmes ou des jeunes par exemple.
Les subjectivités rebelles, éléments fondamentaux de tout
changement, ne trouvent guère leur place dans ces cadres routiniers.
Ces obstacles perdent de leur intensité ou s'effondrent lorsqu'un espace
oppositionnel se déploie dans les rues, les entreprises, les universités
ou sur internet.
Dans le
cadre de mouvements comme les grèves de novembre-décembre 1995, celui
des jeunes contre le CPE, ou encore la grève générale en Guadeloupe au
début de l'année 2009 ou enfin les mouvements sociaux en cours depuis le
printemps 2010, la possibilité semble enfin s’offrir à chaque
participant de déployer ses ressources d'énergie et d'imagination, que
ne permettent pas les cadres organisés installés et plus ou moins
bureaucratisés.
Le point d'origine d'un espace public oppositionnel peut
être une simple revendication ne concernant qu'une partie de la
population mais la dynamique de cet espace peut le faire muter en un
espace propositionnel d'une autre société non marchande. L'exemple du
mouvement en Guadeloupe et dans les territoires ultramarins est
particulièrement éloquent à cet égard : parti du problème de la hausse
des produits pétroliers, il a débouché sur la question bien plus
générale du « comment bien vivre ensemble ? »
La force du rêve
Cette
perspective ne se fabrique pas en petit comité entre quatre murs mais
elle se prépare et peut être fécondée par des analyses adéquates,
constamment renouvelées, dégageant des tendances à l'œuvre dans cette
société et tous ses dispositifs. Tout dépend de la capacité à se libérer
de ce que je définis la dictature de l'immédiat consistant
à dénoncer sans imaginer un horizon global aux luttes et diverses
contestations.
A la surface de la société
il y a un
certain nombre de biais qui faussent notre conception de la
communication : malgré notre fascination pour les nouvelles
technologies, l’essentiel de la communication n’est pas du côté des
techniques mais du côté des hommes et des sociétés. Mais en réalité, ce
qui se produit dans nos sociétés est donc
apparemment un surplus d’informations, de médias et de sondages,
mais sur le fond il y a très peu de vraies réflexions sur le rôle
essentiel de ces espaces symboliques d’identité.
En conclusion il faut insister sur la réciprocité nécessaire de la
communication, qui se distingue notamment de l’information.
En absence de l’élargissement de ces
espaces symboliques d’identité, de cette avancée fondamentale,
les élites vont inévitablement se renfermer sur elles-mêmes, le dialogue
politique va encore se rétrécir et les mouvements sociaux hostiles vont
continuer à se radicaliser…
A moins
de trouver, et rapidement, la voie pour créer des nouveaux espaces
publiques politiques partagés.
Marco DIANI
Sociologue, chercheur au
CNRS
[contact@marcodiani.org]
[1]
L’expression et l’opposition "Pays réel / pays légal" ont une
claire origine dans la pensée des théoriciens de la droite sociale
nationaliste française, et Charles Maurras, en particulier. Pour
Maurras, le régime républicain, ses administrations
hyper-centralisées, ses partis politiques et ses soutiens
idéologiques, forment un "masque grotesque", tyrannique et
inefficace, le "pays légal", qui est artificiellement superposé au
"pays réel", le pays qui "travaille et qui vit", que l'on
appellerait aujourd'hui la société civile. A l'opposé de cette
démocratie jacobine, Maurras propose une vaste décentralisation et
une autogestion des problèmes locaux, non par une classe
politicienne départementale ou régionale mais, directement, par les
acteurs sociaux. La monarchie, au sommet de l'Etat, servirait de
fédérateur au-dessus de cette diversité, d'où sa célèbre formule :
"l'autorité en haut, les libertés en bas".
[2]
Le
Mal français,
Paris, Fayard, 2006. Publié pour la première fois en 1976 il y a
exactement trente-cinq ans, la relecture de ce gros volume de plus
de six cents pages ouvre encore aujourd'hui, des grands champs de
réflexions et de saisissantes interrogations.
[3]
Utilisé en premier lieu par I.
Kant, le concept a été défini plus précisément par Hannah
Arendt, en particulier dans Condition
de l'homme moderne (1958)
et dans La
Crise de la culture (1961).
L'usage de ce concept philosophique a toutefois rapidement été
supplanté par le grand engouement qu'a connu son acception dans les
sciences humaines et sociales. L'espace public est désormais une
notion très utilisée en sciences humaines et sociales depuis la
thèse du grand philosophe et sociologue
allemand
Jürgen Habermas intitulée L'espace
public : archéologie de la publicité comme dimension constitutive de
la société bourgeoise (1962),
Paris,
Payot, 1988.
[5]
Oskar Negt,
L'espace public
oppositionnel,
Paris, Payot, 2007, page
222.
[7]
Antonio Negri et
Michael Hardt parlent
à ce propos de : Multitude.
Guerre et démocratie à l'âge de l'Empire,
Paris,
Editions
10-18,
2006.
Alain
Touraine, Après la crise, Paris, Seuil, 2010.
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